Il y a beaucoup de choses à dire sur le groupe, la communication et les différentes relations existant entre les deux. Mais, il faut bien commencer par quelque chose, alors parlons du groupe en tant que tel.

Un groupe est un ensemble de personnes, qui peut se constituer d'après des objectifs ou situations variées. Cela implique que le communicant qui y est confronté doit en avoir une bonne compréhension, pour pouvoir l'utiliser à sa guise. Si la constitution d'un groupe au hasard se révèle rarissime, il existe, en revanche, des modèles plus récurrents.

Le modèle d'action : c'est la prise de conscience de l'individu qu'une action collective a plus de chances d'aboutir dans un contexte particulier, elle permet aux individus de s'organiser à travers des interdépendances. Le groupe possède alors des valeurs et des objectifs communs permettant son existence.

Le modèle sécuritaire : dans un environnement anxiogène, le groupe va se constituer dans une optique sécuritaire, en vue de protéger ses membres (cf Schachter, 1959). Le groupe possède ainsi des objectifs communs de protection, de sécurité et de confort.

Le modèle de cohésion sociale : ce groupe se constitue autour de la dimension affective. Les valeurs et objectifs sont là aussi communs, mais la limite de ce groupe est alors la tendance au conformisme, inhérente à l'affectif. En effet, devant le groupe l'individu s'efface, pour ne pas être rejeté, il va suivre le groupe, même contre ses propres convictions. Mais le mécanisme du conformisme mérite d'être détaillé davantage une autre fois.

Le modèle d'identification sociale : il ne s'agit plus d'une dimension affective, mais plutôt de reconnaissance. Le groupe s'articule alors autour d'individus qui se reconnaissent les uns les autres, à travers des marqueurs spécifiques. Les valeurs et les objectifs ne sont pas forcément identiques, mais le groupe fonctionne tout de même grâce à l'attirance sociale.

Selon les cas, pour diriger le groupe, ou les groupes, vers l'objectif visé, le communicant devra donc agir sur des leviers différents. Ainsi, chaque situation utilisera des procédés adéquats : conformisme, innovation, brainstorming... de façon à caler les tensions internes et externes vers la performance, la conviction. Parmi tous ces mécanismes, il sera intéressant d'ajouter la théorie du changement d'attitude, qui s'appuie sur les notions de noyau dur- un ensemble stable, voire immuable, de croyances et préjugés collectifs- et de périphérie -des éléments plus instables permettant à l'individu de faire coïncider ses croyances et le quotidien. Ces deux notions sont issues directement des travaux d'Abric, et permettent de jouer sur la manipulation de l'individu de façon moins brutale, et souvent plus efficace. Mais ce sera pour le prochain article sur le groupe et la communication.